LA MAÎTRISE
DU PAYS DE GEX, LE CHOEUR MIXTE L'ENVOL ET « GLORIA »
Entrée libre, collecte TELECHARGER LA FICHE DETAILLEE AU FORMAT PDF (650k) BILLET Mémoire d'outre-tombe d'un chanteur sachant chanter sans son… Comme dirait un certain Nietzsche : " sans la musique, la vie serait une erreur " et pour développer ses dires, Chateaubriand pensait que " la musique tient le milieu entre la nature matérielle et la nature intellectuelle ; elle peut dépouiller l'amour de son enveloppe terrestre ou donner un corps à l'ange selon les dispositions de celui qui écoute, ses accords sont des pensées ou des caresses ". C'est pour cela que le chanteur doit impérativement se préparer afin de restituer au plus juste et arriver en même temps à la fin des morceaux afin que le public ne frissonne pas de peur mais de joie. Pour être chanteur, il ne suffit pas d'avoir deux cordes à son arc...vocal. La connaissance de l'anatomie, la technique vocale, le solfège, la connaissance des langues, le travail corporel, le théâtre... sont autant de compétences que devrait posséder un bon chanteur. Lorsque qu'il arrive à la répétition, le bon chanteur commence toujours par un bavardage afin d'échauffer sa voix. Il trouve un réel plaisir à moduler sa voix dans des conversations intempestives qui vont de crescendo en decrescendo, ponctuées par des bâillements et afin de se faire entendre encore plus, il envoie sa voix directement dans les résonateurs. L'échauffement physique se fait par la poignée de main et celle du visage par les embrassades, puis il apporte sa chaise ce qui suppose qu'il contracte ses muscles afin de les décontracter ensuite. Par son exaltation sur les divers récits de ses voisins, il module ainsi sa respiration thoracique à sa respiration abdominale. Quand il rigole sur quelques racontars, s'exerce en lui un mouvement pelvien et sans s'en rendre compte, il travaille ses graves. Aussi, il tend l'oreille afin de reconnaître la voix des autres, des sopranos, des altos, des ténors ou des basses. Parfois il est dérangé dans ses récits par d'autres voix, mais il essaie de se concentrer afin de restituer de façon imperturbable sa conversation avec son chef. Il aime bien son chef car celui-ci reste muet et le laisse parler tout en gesticulant. Cela ne le dérange pas trop car souvent sa tirade en une seule traite va jusqu'à l'excès, il travaille ainsi sa capacité pulmonaire et en devient rougeaud. Dans un groupe, qu'il soit jeune ou vieux, il arrive à transcender ses émotions par le dessin dans une évasion de rêves. En chant, il a pour habitude de monter dans sa machine à remonter dans le temps pour se retrouver au Moyen-Âge ; il se trompe parfois de partitions routières et il se retrouve malencontreusement au 3ème millénaire et souvent pas forcément dans sa région où il entend des sonorités bizarres et essaie de participer dans cet effort collectif. Enfin il s'évertue à se remémorer ses merveilleux voyages et à les faire partager, à recevoir ce que les autres ont aussi pu ressentir lors de leurs voyages. Il est content car il devient le conducteur en symbiose avec d'autres chauffeurs ou d'autres chauffards, qui véhiculent tout à la fois les temps, les espaces, les émotions, les cultures, les modes, les expressions pour son grand bonheur et le bonheur d'autrui. Car le visage des autres, c'est un peu de lui-même. Malgorzata et Éric Digaud
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